Publié par Zelaurent le mercredi 26 novembre 2008 à 11:20 dans Politique
L’ami Fred Fortin a twitté ce matin à propos de la candidate de l’ADQ de sa circonscription, qui est sur Seesmic depuis le 21 novembre. Ni une, ni deux, je me précipite sur son site pour découvrir cet animal politique qui ose utiliser la vidéo sur le Web pour rejoindre ses électeurs.
Geneviève Toussignant ne passera peut-être pas à Tout le Monde en Parle, mais elle aura au moins les honneurs du Web québécois qui doit reconnaître qu’elle est la première à s’aventurer dans la discussion vidéo en ligne.
Elle n’est pourtant pas la seule au Québec à se frotter à la vidéo Internet. L’initiative de Françoise David, co-porte-parole de Québec Solidaire, d’aller sur Youtube à l’occasion du débat des chefs d’hier soir, était une bonne idée à la base. Malheureusement, elle est restée dans un discours formaté, qui manquait de naturel. Heureusement, les échanges sur Twitter étaient d’un très bon niveau.
Pour revenir à Genevière Toussignant et son aventure Seesmesque, je viens de lui laisser un message en vidéo pour connaître ses attentes envers ce média. Je suis curieux de voir si la sauce va prendre et si la discussion va réellement s’engager.
genevievetousignant’s video profile
Pour retirer quelque chose de cette expérience, je propose de mettre à jour régulièrement cet article, en traitant 4 points clés de la communication Web, que je dévoilerais au fur et à mesure de nos échanges :
1. Réactivité (4/5) : Bravo pour avoir envoyé une réponse la même journée. La réactivité est un point majeur de ce genre de communication asynchrone. Une discussion sur Seesmic, c’est un peu comme un échange dans les commentaires d’un article. S’il faut attendre une semaine pour avoir une réponse, le lien se rompt.
2. Pertinence : Dans le cas d’une campagne électorale, Seesmic est particulièrement pertinent. Il résout un problème que rencontrent à la fois les politiques et les citoyens : communiquer entre eux. Par rapport à la forme et au fond du message, les réponses sont en rapport avec les questions, ce qui n’est pas toujours évident pour les responsables politiques. Par contre, je ressens quelques hésitations et imprécisions. Je ne sais pas si je dois imputer ça au manque de temps pour répondre avec précision aux questions, ou tout simplement au manque de réponse tout court de l’ADQ sur ces thèmes là.
3. ???
4. ???
En regardant hier soir Jean Charest à l’émission Tout le monde en parle, je me demandais ce que notre Premier Ministre pourrait dire s’il passait au live vidéo du Webcom du 12 novembre.
Tout d’abord, j’ai le plaisir de vous annoncer le retour du live vidéo des coulisses du Webcom. Comme pour l’édition du 14 mai, vous aurez droit à une diffusion en direct. Le capitaine Christian sera à la barre du navire de 7h30 à 18h00. Le simple matelot que je suis donnera une conférence à 10h45 sur la vidéo comme outil incontournable de la communication Web. Je rejoindrais donc Christian en début d’après-midi pour animer le live.
Pour en avoir parlé avec mon amie Nathalie Rochefort, la présence de Jean Charest au Webcom n’est peut-être pas si saugrenue. S’il nous rejoint, j’aimerais qu’il exprime clairement sa position sur la place du Web dans notre économie et sur la stratégie provinciale pour accroitre la compétitivité numérique du Québec. Pourquoi ne serait-il pas accompagné d’un ministre dédié à ses questions ? On reconnaît les grands chefs au fait qu’ils savent s’entourer des bonnes personnes.
Si vous avez les mêmes interrogations, ou si vous souhaitez poser d’autres questions sur le sujet, je vous invite à nous rejoindre sur la chaîne Ustream dédiée au Webcom Live. Ceux qui ont déjà participé à la diffusion de PodCamp Montréal ne seront pas dépaysés par l’interface, qui reste très simple à utiliser.
J’ai vraiment adoré l’ambiance du premier live du Webcom. Je ne doute pas que vous serez au rendez-vous pour rendre cette conférence encore plus riche et interactive. Je dois souligner l’effort d’ouverture des organisateurs qui en plus du live et du WebCamp, vont proposer une série de conférences gratuites à partir de 16h00.
Publié par Zelaurent le mardi 04 novembre 2008 à 12:52 dans Politique
Pour ces élections les plus médiatiques de l’histoire américaine, c’est le média citoyen qui risque de faire la différence. Afin de ne pas retrouver la suspicion qui flottait autour des élections de 2004, des citoyens se sont pris en main pour créer le projet Video the Vote. Dans les bureaux de vote des 50 états de notre voisin du Sud, des caméras vont surveiller la bonne tenue des élections. Attention aux manipulations électorales !
Listes incomplètes, bureaux de vote ouverts en retard ou urnes défaillantes. Les vidéos prisent en 2004 et 2006 sont accablantes pour la démocratie américaine. Il ne faut pas oublier que G. W Bush aurait été réélu avec seulement 500 voix sur 200 millions d’électeurs.
Si j’étais citoyen américain, je serais en ce moment dans un bureau de vote avec ma caméra pour relever les témoignages des électeurs. Cependant, il n’est pas question d’arriver avec ses grands chevaux pour faire son spectacle. Pour faire un bon vidéo électeur, David Ardia, Directeur du Citizen Media Law Project, prescrit 4 règles d’or :
1. Suivez les règles
2. Soyez discret
3. Ne pas interférer avec l’organisation
4. Respecter les zones autorisées
Video the Vote est bien sur Twitter, qui sert de principal outil de communication aux organisateurs. Vous pouvez suivre les dernières nouvelles et même participer en utilisant le tag #vtv.
Pour les accros de l’information, en plus de Twitter, je vous propose de brancher votre iPhone sur les résultats détaillés des élections grâce à une application dédiée, pour savoir en direct qui de Barack Obama ou John McCain va gagner. Et vous, qu’allez-vous faire de votre soirée ?
Publié par Zelaurent le dimanche 12 octobre 2008 à 08:31 dans Politique, Vidéo
À la veille des élections fédérales canadiennes, nous pouvons déjà faire un bilan de l’utilisation de la vidéo dans la campagne 2008. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat est dés plus sombres, tant au niveau de la communication que de la démocratie.
Dark Planner & Dirty Marketing : La voix de la propagande
Sans juger sur les idéologies politiques, tout le monde peut ressentir la négativité, pour ne pas dire l’agressivité des arguments assénés dans les vidéos des différents partis. Le marketing apparait ici dans sa robe la plus sale, plus proche de la propagande que de la communication.
Peut-on imaginer une entreprise avoir une telle stratégie ? « N’achetez pas les couteaux de mon concurrent, car vous risqueriez d’égorger votre enfant» . Si la publicité comparative est acceptée par le consommateur, le dénigrement systématique risque fort de se retourner contre celui qui l’utilise.
Un résultat bien faible pour tant d’argent
Dans son blogue, Yves Williams fait une analyse poussée sur l’utilisation du Web dans cette campagne électorale. Il a notamment réalisé un graphique avec Tubemogul qui reprend les différentes vidéos des partis (cf. graphique ci-après). En les regroupant toutes, elles ne représentent qu’un peu plus de la moitié du clip viralCulture en Péril (350 000 contre 650 000). C’est une bien faible rançon par rapport à toute l’énergie investie ($$$).
Allez voir ailleurs messieurs les politiques
Aux dernières élections provinciales du Québec, le constat sur l’utilisation de la vidéo sur le Web n’était pas très reluisant. Les partis hésitaient entre rediffuser les publicités TV, réaliser de faux témoignages ou tout bonnement ne rien faire.
En novembre 2007, j’avais fait une série d’articles sur les WebTV politique de Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barack Obama. Si ces exemples sont loin d’être parfaits, ils montrent la bonne voie vers une communication vidéo Internet digne de ce nom, que les conservateurs, libéraux, bloquistes, verts et autres NPD seraient bien avisés d’étudier.
Messieurs et Madame les politiques, je vous invite à relire les 7 principes de bases pour réussir sa Web TV politique. Je ne sais pas ce qu’en pense mon ami Marc Snyder, mais en 8e points, j’ajouterais « Respectez vos adversaires comme vous respectez vos électeurs» . Autant l’un que l’autre vous en rendront grâce.
Sur une note plus positive
Maintenant que j’ai bien critiqué ce qui se fait, il est temps que je souligne les sites i.Liberal.ca et l’Espace Orange, qui offrent un widget pour présenter sur son blogue respectivement la WebTV de Stéphane Dion et les publicités (2) du NPD.
Pour les vidéos des libéraux, la musique est un peu forte à mon goût, mais le style va quand même dans le bon sens, plus humain et accessible que la moyenne. Par contre, il faut vite que l’équipe technique enlève le déclenchement automatique des vidéos. C’est anti-accessibilité et agaçant à la longue. Vas-y Stéphane, tu tiens le bon bout
Publié par Zelaurent le mercredi 08 octobre 2008 à 09:31 dans Hypervidéo
Nous avons eu droit hier soir au second débat entre Barack Obama et John McCain. Il y avait deux façons de suivre cette rencontre politique : classique dans la petite lucarne, ou interactif sur Current TV. Ce dernier a diffusé « Hack the Debate« , un microvlogging collectif pour refaire le débat en temps réel.
Créé en 2006 par Al Gore et Joel Hyatt, et diffusé sur le satellite aux États-Unis et en Europe, Current TV s’est voulu tout de suite alternatif. C’est la seule chaîne dont 35% du contenu est généré par l’utilisateur (UGC).
Auditeur assidu du podcast de Laurent Lasalle, je participe depuis peu comme acteur en envoyant mes commentaires audio par le service Drop.io. C’est en quelque sorte une conversation qui se rajoute par dessus la ballado.
Comme pour le podcast de Laurent, Current a offert aux internautes de participer au débat des élections américaines en utilisant Twitter et 12seconds.tv. En temps réel, les messages Twitter avec le code « #current» était envoyé par-dessus la vidéo du débat. En parallèle, il était possible d’utiliser le service vidéo 12seconds.tv pour poser savoir « Si le prochain président pouvait faire une seule chose, que voulez-vous que se soit ?» .
Youtube avait déjà initié un début d’interactivité en offrant aux internautes de poser des questions en vidéo pendant les primaires républicaines et démocrates. Même si les deux candidats ne pouvaient répondre aux messages de Current TV, j’avais l’impression de participer à une discussion de groupe, à un débat par-dessus le débat.
Je pense qu’on s’approche enfin d’une communication intelligente qui profite de la synergie des médias. C’est un élément de plus que je classerais dans la catégorie de l’hypervidéo, un concept encore obscur qui permettrait de dépasser les 2 dimensions dans lesquelles notre écran nous enferme.
En attendant, vous pourrez « hacker» le prochain débat pour la présidentielle Américaine qui se tiendra le 15 octobre à 21h00 (Heure de l’Est). Affutez votre clavier et faites briller votre webcam, le débat ne fait que commencer.
Publié par Zelaurent le mardi 20 novembre 2007 à 00:12 dans Politique
Le petit gars d’Hawaï a lâché les planches pour surfer sur le Web. Candidat démocrate à l’investiture pour les présidentielles Américaines de 2008, Barack Hussein Obama apporte beaucoup de fraîcheur avec son style et ses idées. Son site Internet se devait de refléter cet état d’esprit. BarackTV est au coeur de la stratégie Web du candidat, qui fait une grande place au développement de communautés en ligne.
Choix technique
BarackTV a retenu les services de Brightcove. Concurrent de Youtube et autres Dailynotion, la société originaire de Cambrigde propose des solutions de publication et de monétisation de vidéos en ligne.
À l’image de Blip.TV ou Stage6, Brightcove met l’accent sur la qualité de l’image et sur la création de chaînes TV Internet personnalisables. Dans le cas présent, l’intégration de la solution de Brightcove se fait de façon transparente.
Ce qui frappe le plus en arrivant sur BarackTV, c’est la taille de la vidéo. Obama nous offre du grand écran de qualité (format 4/3) avec un démarrage rapide des vidéos. Rapide, mais pas automatique, à l’inverse de PR TV et Webcameron qui nous impose la lecture de leur vidéo dès le chargement de la page.
Pour la version Espagnole de sa TV Internet, Obama utilise la solution « Project ReadOn» de sous-titrage, ou plutôt de transcription des vidéos. Une fenêtre s’ouvre au-dessus du lecteur vidéo pour faire apparaître une traduction espagnole des interventions d’Obama. BarackTV est un des premiers à avoir créé un partenariat avec Project ReadOn.
Le Style
BarackTV joue clairement à l’américaine : un héros, une belle histoire, une musique de cinéma, des enfants, des regards touchants… nous avons tout pour faire une affiche de rêve. Les vidéos des conférences, entrevues de Barack Obama et de ses supportes sont réglés comme du papier à musique. Le style est presque trop parfait et manque un peu de spontanéité.
Dans son discours, Barack Obama indique qu’il n’y a pas d’Amérique noir, pas d’Amérique blanc, pas d’Amérique latino… mais qu’il n’y a que les États-Unis d’Amérique. Pourtant, la Web TV d’Obama est à l’image du conventionnalisme américain. Il y a une place pour les femmes, une pour les étudiants, les enfants et surtout une partie entièrement en Espagnole.
Médias sociaux
En faisant le choix d’une plateforme connu et utilisé du grand public (Brightcove), contrairement à une solution professionnelle (Yacast et CastUP), BarackTV se positionne comme un média proche des internautes (du peuple), avec les mêmes codes de communication.
Avec Brightcove, BarackTV bénéficie également d’une expertise du partage de vidéos. Tous les outils de promotion en ligne sont présents : envoyer par courriel, code pour insertion dans un site/blogue, flux RSS… et la possibilité de bloguer directement la vidéo que l’on a sous ses yeux.
Au pied de la page d’accueil de barackobama.com nous apercevons la liste des liens vers les sites communautaires (Facebook, MySpace, Youtube, Flickr, etc.). C’est dommage que ces liens ne soient pas présents sur l’ensemble du site. Dans BarackTV, il est par exemple impossible de retrouver la chaine Youtube d’Obama. Il faut passer par le menu du lecteur vidéo pour avoir le flux RSS du podcast de Brightcove. C’est un peu fastidieux comme manipulation.
Comme Nicolas Sarkozy a son Loic Le Meur, nous pourrions parier que Barack Obama a son Tim O’Reilly, le père du Web 2.0. Avec le site du candidat républicain, nous entrons directement dans la campagne électorale 2.0.
Pour Fred Wilson et Donna Bogatin, Barack Obama serait même allé trop loin dans l’utilisation des médias riches et des communautés en ligne. Trop de Web2 tue le Web2 ? C’est vrai que tous les internautes ne sont pas au fait des derniers outils technos du Web. Mais, laissons-leur au moins la chance d’essayer de se les approprier.
Publié par Zelaurent le dimanche 18 novembre 2007 à 16:04 dans Politique
Avec à peine 39 bougies, David Cameron donne un coup de jeune à la politique anglaise. Sa fougue en fait le sosie conservateur de l’ex-Premier Ministre Tony Blair. Le parallèle entre les deux hommes pourrait aller plus loin. Tous deux ont compris l’importance des nouveaux médias.
Lancé initialement à la fin 2006, c’est avec sa nouvelle version de mai 2007 que Webcameron donne un sacré coup de vieux aux sites de ses comparses d’Angleterre, particulièrement au vieillissant 10 Downing Street. Dans le même temps, le chef des Tories se positionne stratégiquement sur la toile en vue d’élections qui ne sauraient tarder.
Choix technique
Avec la plateforme de distribution israélienne CastUP, Webcameron est le seul du trio à ne pas jouer la fibre nationale. Son agence de communication, également originaire d’Israël, est certainement à l’origine de ce choix. CatsUP est une solution professionnelle qui bénéficie d’un beau portefeuille de clients (HP, IBM, Orange, ICQ, Levis, etc.).
En opposition à son collègue d’outre-Manche, David Cameron laisse la place au format large (16/9) et permet un visionnement en plein écran. Plus conforme aux habitudes des internautes, ce format permet de sortir du cadre télévisuel classique.
Pour la qualité vidéo et audio, Webcameron a également mis le paquet avec un calibre de diffusion haut débit (525 kbps). Malgré cette montée en puissance, les vidéos se chargent très rapidement.
Les premières vidéos de David Cameron étaient très personnelles, ou plutôt elles étaient tournées dans un cadre personnel. La maman et son bébé à la maison faisait très télé-réalité. En visionnant ces images, les internautes avaient l’impression de participer à la vie de Cameron. Le tout était bien évidemment scénarisé, mais le ton était très amical.
Au fur et à mesure, le style vestimentaire devint plus traditionnel (costume & cravate) et les interventions sortirent du cadre familial pour se retrouver sur le terrain, à la rencontre des citoyens. En réponse à certaines critiques, David Cameron s’est finalement éloigné du style de la télé-réalité, tout en gardant une image assez conviviale, mais plus proche de ce que le public attend d’un responsable politique.
Médias sociaux
Le lecteur vidéo de Webcameron est particulièrement bien réussi. Nous retrouvons une interface simple et efficace avec l’option ultime pour le partage de vidéo (get code).
Menus latéraux, liste des articles et vidéos les plus récents, fil RSS, moteur de recherche… donnent à l’interface générale du blogue un aspect qui reprend tous les codes de la communauté. L’amateur de carnet Web se sent chez lui en arrivant sur Webcameron.
Voila quelqu’un qui a compris comment fonctionne le Web ! Sur TOUTES les pages apparaissent les liens vers les chaînes vidéo de Youtube, Blip.TV et Friction.TV, ainsi qu’un lien vers la page Netvibes du parti conservateur.
Stratégiquement, Friction.TV est un bon choix pour deux raisons : c’est un site anglais; il est spécialisé dans l’actualité et les opinions = auditoire ciblé pour Webcameron.
Bon point pour l’identité visuelle avec le logo du site « Webcameron» présent sur l’ensemble des vidéos. Celles-ci pourront être diffusées sur la toile, son origine ne fera pas de doute et les internautes pourront se rendre directement sur le site pour suivre les prochaines aventures d’Indiana Cameron.
Petit bémol dans ce beau paysage, Webcameron restreint l’utilisation des commentaires. Les visiteurs sont invités à s’enregistrer pour accéder au forum et pour commenter les articles. À noter que David n’est pas très prompt à répondre aux commentaires.
Conclusion
Les moeurs et la culture anglaise ont peut-être de l’avance par rapport aux voisins d’Europe. Il faut dire que les tabloïds anglais ont l’habitude de relater en détail la vie de leurs élites. Pour ces derniers, il est finalement préférable de prendre les devants et de choisir les images qui vont circuler.
Avec des entrevues au logis familial, Tony Blair avait ouvert la voie à David Cameron. À 39 ans, il n’est pas de la génération SMS et Messenger, mais il a quand même grandi avec l’informatique et le Web. Cette facilité générationnelle lui permet d’offrir un « show» d’excellente qualité servi par une Web TV très bien fini.
Le succès d’un blogue, qu’il soit vidéo ou non, réside notamment dans sa régularité. Le temps nous dira si David Cameron tiendra la distance.
Publié par Zelaurent le samedi 17 novembre 2007 à 19:07 dans Politique
Nicolas Sarkoy y pensait depuis longtemps (parfois en se rasant). Toutefois, ce n’est que le 14 janvier 2007 qu’est officialisée son investiture à la course à la présidence de la République Française. Le candidat choisit ce même jour pour lancer son site de campagne qui comporte le bouquet NS TV, pour Nicolas Sarkozy TV. Pour la première fois, la vidéo sur le Web était au coeur d’une stratégie politique.
Choix technique
Nicolas Sarkozy a dû apprécier les retombées de son site de campagne puisque la chaine vidéo Web du président (PR TV) est un clone du candidat à la présidence (NS TV). Nul doute que son consultant spécial en nouvelles technologies, l’éminent blogueur et entrepreneur Loic Le Meur, lui a soufflé quelques mots sur la méthode à employer sur le Web.
En l’occurrence, PR TV et NS TV utilisent la solution de diffusion en streaming de la société Yacast. Créée par des Français et malgré des bureaux en région parisienne, cette entreprise a fait le choix de l’Angleterre pour établir son siège (et déclarer ses impôts). Avec les principaux médias français à son tableau de chasse (TF1, Europe1, NRJ, RTL, BFM, etc.), Yacast est loin d’être un novice en la matière.
Tout d’abord, SarkoTV a fait le choix du format 4/3. Celui-ci se rapproche d’une vision télévisuelle classique, voire ancienne. Les magasins spécialisés regorgent de téléviseurs à écran large (16/9) qui rencontre un engouement certain auprès du grand public. Pourquoi le Web ne devrait-il pas adopter ce format plus adapté à la vision de l’homme.
La télévision de président voit petit : une taille de 320 × 240 et pas de choix supplémentaire ou d’option plein écran. Privilégié des vidéos légères est un point positif au niveau de l’accessibilité (le Président de tous les Français). Par contre, la France est l’un des pays occidentaux les mieux équipés en connexion Internet à haut débit. Il est dommage de se priver d’une qualité d’image que le public apprécierait.
Disponibles en Flash (FLV) et en WindowsMedia (WMV), les vidéos se visionnent aussi bien sur Mac que sur PC. Par contre, il n’y a pas d’offre de format ouvert (OGG). L’accessibilité à ses limites ! Point très positif au niveau de l’accessibilité, contrairement à sa version précédente, PR TV propose la solution ReadSpeaker qui donne en audio le contenu de la page. Quand cette dernière n’est composée que de liens, le résultat est parfois bancal, mais l’intention est louable.
Le style
Les vidéos du président français sont uniquement issus de capsules publicitaires ou de discours public. À aucun moment nous n’avons le droit à une confession ou un échange informel. Cette petite lucarne rappelle étrangement l’utilisation gaullienne des médias, avec un discours et une forme très encadrée.
De même, les différents interlocuteurs qui passent devant la caméra présentent un discours convenu, avec un interviewer qui n’a de cesse de rappeler que tout ceci est possible grâce au président. De ces échanges, il ressort un sentiment de « propagande» , ou du moins de formatage serré de la communication.
Médias sociaux
PR TV offre le strict minimum : un formulaire d’envoi du lien de la vidéo à un ami. La première fois, ça fait quand même quelque chose de recevoir un courrier électronique d’un Président de la République (cf. image). Comme pour la télévision, la discussion est dans un seul sens et il n’est pas possible de laisser des commentaires. Tout juste, les visiteurs du site de campagne ont le droit de laisser un « message de soutien» .
On regrettera que le candidat possède une chaîne sur Youtube et sur Dailymotion (impossible de trouver les lien vers celles-ci à partir du site Sarkozy.fr), alors que le Président est absent des plateformes de distribution de vidéos. Absent est peut-être un bien grand mot, car des milliers de vidéos circulent sur son compte.
Conclusion
Présidence de la République TV a le mérite d’exister. Rares sont les responsables politiques à s’être autant impliqués en vidéo sur le Web. Cette belle initiative peut en partie excuser les erreurs de jeunesse de cette plateforme.
Par contre, la pertinence du copier/coller de la Web TV du candidat à la présidence est certainement à remettre en cause. L’état a peut-être fait des économies en récupérant l’ancienne plateforme, mais un rajeunissement de celle-ci aurait permis de mieux coller aux nouvelles réalités de l’usage de la vidéo sur le Net.
Publié par Zelaurent le vendredi 16 novembre 2007 à 03:03 dans Politique
Comment les hommes politiques, tels Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barack Obama, abordent-ils la vidéo en ligne dans leur campagne électorale ?
Web, Vidéo et Politique : Introduction
2007 est définitivement l’année de la vidéo sur le Web pour la politique. Depuis les années 80, l’image avait déjà pris une grande importance dans les débats politiques. Les budgets de campagne étaient alors complètement engloutis en spots publicitaires télévisés.
Ces dernières années, Internet a radicalement changé la donne. Les plateformes de diffusion de vidéos en ligne à la Youtube ont poussé comme des champignons sur la toile. Les appareils photo numériques, les caméras vidéo et les téléphones mobiles permettent aujourd’hui de quadriller la vie politique et de diffuser ces images instantanément aux quatre coins du globe.
La politique n’a pas résisté à cette vague numérique. Avec plus ou moins de mal, elle s’est adaptée à ce nouveau média. Les crédits alloués au Web ont explosé et chacun y va maintenant de son espace numérique dédié. Youtube a senti la bonne affaire arriver en créant Citizentube, un vlog dédié à la politique.
Pour les élections présidentielles françaises, le candidat de droite avait créé sa chaîne NSTV (Nicolas Sarkozy TV), devenu PRTV depuis son arrivée à l’Élysée. Dans le camp opposé, Ségolène Royale vivait de façon abrupte le pouvoir de l’image avec une vidéo où on voit la candidate socialiste sous-entendre que les professeurs devraient travailler plus.
Les hommes politiques anglais ne sont pas en reste sur l’utilisation de la vidéo en ligne. Au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy, Tony Blair, alors Premier Ministre d’Angleterre, fait parvenir ses félicitations à son homologue français par l’intermédiaire d’une vidéo sur Youtube (en français et en anglais). La blanche Albion héberge également Webcameron, le vidéoblogue du conservateur David Cameron.
Depuis quelques mois, Youtube propose également au public américain d’utiliser son réseau pour poser des questions en vidéo directement aux candidats à la présidence des États-Unis. Chemin faisant, les candidats ont fourbi leurs armes et proposent quasiment tous une chaîne dédiée sur Youtube. Barack Obama est particulièrement en pointe, avec un site de campagne orienté Web 2.0 où la vidéo prend toute sa place (BarackTV).
Chacun à leur manière, Nicolas Sarkozy, Barrack Obama et David Cameron utilisent la Web TV pour faire passer leur message. Dans les jours à venir, je vous propose de voir ce qui fait la particularité de cette nouvelle génération de chaînes de télévision politique. Avant de commencer ce comparatif, il faut noter une différence entre ces trois sites : PRV est la chaîne d’un président élu, alors que BarackTV et Webcameron sont les vitrines de deux hommes politiques en (future) campagne.