Foursquare ne sera définitivement pas le prochain Twitter. Au mieux, nous allons bien nous amuser dessus pendant quelques mois (rendez-vous dans un an pour me dire que j’avais tord). Comme j’en ai largement débattu dans le podcast de Mac Québec, je pense que l’avenir de l’application Foursquare, jeu social autour de places locales, est remis en cause avec l’intégration de la géolocalisation dans Twitter et bientôt dans Facebook.
Aujourd’hui, c’est Google qui fait une nouvelle fois parler de lui avec Google Favorite Places, un mashup de Google Maps + Google Business Local + Place Pages. Google n’invente rien. Il crée simplement le lien entre les critiques déjà existantes de lieux publics et un appareil mobile intelligent, type iPhone, par l’intermédiaire d’un code barre.
Pourquoi toutes ces compagnies veulent tellement nous aider à trouver un commerce près de chez nous? C’est tout simplement pour acquérir le marché tant convoité de la publicité locale. Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, je vous conseille de consulter la référence dans le domaine, le blogue de Praized Media. Ces derniers se positionnent justement comme une plateforme ouverte de données locales.
Dans leur livre Web Analytics, Jacques Warren et Nicolas Malo nous offre un un guide facile d’accès sur les techniques de mesure et d’optimisation des sites Web. S’il est souvent question de retour sur investissement, la puissance du marketing des médias sociaux est délicatement mise en touche (p37). Pourtant, ces deux stratégies ont le même combat du ROI.
À l’occasion de la sortie de leur livre au Québec, Jacques Warren et Nicolas Malo ont eu la gentillesse de m’inviter hier à un dîner d’expert aux côtés de quelques amis : Martin Lessard, Michelle Blanc, Philippe Martin, Marc Poulin, Claude Malaison et Samuel Parent. Avant ça, j’ai eu le plaisir de recevoir une copie dédicacée de leur oeuvre que j’ai lu avec attention. Pour une approche 101 du Web analytique, je conseille vivement de parcours ces pages.
Show Me Your ROI
Je ne suis pas un spécialiste du Web analytique, mais j’analyse le Web au profit de mes clients. Pour ce faire, j’utilise ma formation de M.Sc. en Marketing et une dizaine d’années d’expérience éprouvée sur la toile et à l’intérieur de communauté en ligne.
Si les métiers et techniques liés aux médias sociaux ne sont pas aussi anciens que le Web analytique, il existe des études de cas et des outils pour définir le retour sur investissement (ROI) d’opérations qui utilisent les réseaux sociaux.
Dans un article récent, Christina Warren fait largement le tour avec un « How to » pour mesurer la valeur d’une campagne social media. Elle fait notamment référence à une excellente présentation d’Olivier Blanchard sur les bases du ROI dans les médias sociaux.
Les outils de mesures traditionnels du Web s’appliquent également au marketing social. Un simple Google Analytics permet de qualifier le public en provenance de Twitter, Facebook ou Youtube pour analyser leur appétence à consommer sur votre site Web.
Bit.ly
Bit.ly n’est pas qu’un simple «Racourcisseur» d’adresse Web. C’est un outil statistique qui permet avant tout d’analyser les comportements d’échange et de dissémination des messages sur Twitter. Bit.ly possède une version encore plus courte de son service: j.mp. Vous gagnez ainsi 2 lettres.
PostRank
En bas de page de mon blogue, vous apercevrez dans la colonne centrale mes 6 articles avec le meilleur PostRank. Sorte de contre poids au PageRank de Google, PostRank fait une analyse pondérée de vos articles à partir du nombre de visite et du rayonnement qu’il a sur le Web et les médias sociaux.
HootSuite
Si comme moi vous gérez plusieurs comptes Twitter (ZeLaurent, Île sans fil, PodCamp Montréal, clients…), HootSuite se révèle très utile, particulièrement avec une gestion à plusieurs mains. Cette application en ligne fonctionne avec des comptes admin et utilisateur, et possède des outils de gestion et d’analyse. Seule contrainte, il faut utiliser ow.ly, le raccourcisseur d’URL maison.
S’il vous reste encore quelques doutes sur le ROI d’une bonne stratégie de médias sociaux, je vous conseille de lire l’article de Connie Bensen sur l’impact sur les ventes de l’activité d’un gestionnaire de communauté.
Le Telegraph nous apprend que Twitter va lancer un service de Live Video-Tweeting. Les 140 caractères vont se transformer en quelques secondes de vidéo pour partager sa vie en direct. Mieux que 12seconds, Twitter nous promet un Web en temps réel enrichi.
12seconds est connecté à Twitter, mais aussi à Facebook, à Youtube et il possède pas moins de 3 applications iPhone. La dernière en date, 12mail, est hallucinante de simplicité et d’efficacité. Depuis deux semaines, je fais mes vidéos follow friday avec elle.
Twitter peut arriver à battre 12seconds s’il arrive à intégrer directement les vidéos dans son flux d’information. D’ailleurs, c’est certainement ce qui va se passer. On peut à ce moment-là très bien imaginer que les photos et vidéos vont apparaître également.
Mis à part pour nettoyer mes followers, je n’ai pas vraiment de bénéfices à aller sur le site Web de Twitter. Les applications qui utilisent l’API de Twitter offrent des fonctions de gestion de compte bien plus intéressante (Tweetie, Twhirl, Hootsuite).
Twitter doit devenir Friendfeed
Quand des centaines de personnes ont commencé à se connecter à mon compte Friendfeed, je me suis demandé pour quoi un tel intérêt pour un simple agrégateur. Quand cet été Facebook a déboursé 50 M $ pour acheter Friendfeed, je me suis dit que l’intérêt devrait vraiment être là.
L’avantage que je vois dans Friendfeed, est qu’il affiche photos et vidéos directement sur sa page Web. Si Twitter acquiert cette fonctionnalité, j’aurais enfin une motivation supplémentaire à me rendre en ligne.
Les réels enjeux de Twitter
Au final, je trouve que l’annonce d’un Live Video-Tweeting est intéressante, car j’adore la vidéo sur le Net, mais c’est davantage le potentiel qui s’offre à une nouvelle version enrichie de Twitter qui m’interpelle.
Une nouvelle étude de marché de Pew Internet vient démontrer le succès croissant de la vidéo en ligne. Que ce soit sur Youtube, Facebook ou autre, la manière de regarder et de partager a changé radicalement la façon dont nous devons publier notre contenu. La qualité est croissante et les médias sociaux sont au coeur des stratégies de diffusion.
Le pourcentage de personnes ayant consulté une vidéo sur Internet a doublé sur 3 ans, pour atteindre près de 60% des Américains. Même si les jeunes de moins de 30 ans sont les plus friands de vidéos, aujourd’hui toutes les classes d’âge son touchées.
Les médiaux sociaux font l’affaire de la vidéo
Plus de la moitié de ceux qui regardent une vidéo la partage avec leurs proches. Ça peut-être par l’envoi d’un lien par email, sur les réseaux sociaux comme Facebook ou encore avec Twitter. Comme si en regardant une émission à la TV, ils appelaient un ami pour leur dire de regarder en même temps.
L’Internet haute vitesse boost la vidéo en ligne
L’un des facteurs les plus marquants de cette étude est la corrélation entre qualité de la connexion Internet, haute ou basse vitesse, et le taux de consommation de la vidéo sur le Web. Évidemment, plus l’Internet est rapide, plus les gens regardent de la vidéo sur Youtube et Co.
Cette étude est à mettre en parallèle avec l’annonce de Stephen Harper d’hier au sujet d’un programme de 225 M $ sur 3 ans pour développer l’accès à l’Internet haute vitesse en région au Canada. Ce plan est largement inspiré du «Broadband USA» auquel Barack Obama a donné un budget de 7,2 milliards de dollars.
L’internet à haute vitesse devient la norme. L’infrastructure ne devient plus un obstacle au développement de contenu vidéo sur Internet. L’étude de Pew démontre que la vidéo en ligne est rentrée dans les habitudes de consommation, jusqu’à devenir un acte quotidien pour près de 20% des Américains.
Pour la vidéo de ce dimanche, nous plongeons dans Home, le monde virtuel pour la Playstation 3. En lançant Home, Sony ne souhaitait pas vraiment concurrencer Second Life, qui n’a jamais réussi à dépasser le cercle fermé des early adopters. Surfant sur un marché du jeu vidéo en pleine expansion, Home va révolutionner le marché du divertissement à plusieurs niveaux.
1. Home : Un mon virtuel en 3D
La seule chose qui rapproche Home de Second Life est l’univers virtuel en 3D. Tous deux permettent de mouvoir un personnage et d’interagir avec des personnes connectées à l’autre bout du monde. La comparaison s’arrête là. Avec Home, Sony propose un univers «sécurisé» clé en main. Ici, vous n’avez pas besoin de vous chercher un terrain pour construire une maison, Home vous offre un appartement flambant neuf à décorer.
2. Home : Un réseau social ludique
Home est avant tout une communauté en ligne d’adepte de jeu vidéo. C’est une sorte de forum géant où les gens se rencontrent pour discuter des derniers jeux vidéo, échanger des astuces et trouver un ou des partenaires de jeu. Le succès de Facebook a démontré que les gens aiment se retrouver en communauté. Home est la réponse de Sony à ce besoin.
3. Home : Une nouvelle chaîne de distribution
Home est le premier espace virtuel qui permet d’acheter directement un jeu en ligne, pour ensuite y jouer avec sa Playstation 3. La dématérialisation des ventes permet à Sony de faire des économies substantielles, au détriment des revendeurs de jeux. C’est la même stratégie qui va être appliquée à la nouvelle console mobile PSPgo, dont les jeux seront uniquement en téléchargement.
4. Home : Un espace privilégié pour l’advergame
En développant une communauté en ligne, Sony veut faire de Home une base de données ciblée d’amateurs de jeux. Ces informations ont une importance primordiale pour les annonceurs de publicités. C’est le même genre d’information qui donne tant de valeur à Facebook. Selon le Yankee Group, le marché de l’advergame, ou publicité dans les jeux vidéo, est estimé à plus de700 millions de dollars d’ici 2010.
Comme nombre d’amis, je bénéficie d’une recrudescence d’abonnés sur mon Friendfeed, car le service en ligne d’agrégation en temps réel a ajouté une nouvelle fonction pour se connecter directement à mes « amis » Twitter, Facebook et autres contacts de l’Internet. Mes amis du Web se mettent à commenter directement sur mon Friendfeed, comme ils le font sur mon Facebook et par Twitter. Tous ces sites veulent récupérer mes informations et les discussions que je peux avoir sur Internet. Au final, qui sera le centre du World Wide Web ?
Une interconnexion sans fin
L’interconnexion des différents services Internet donne le tournis en ce moment. Pour une personne comme moi, qui participe activement en ligne, il est offert régulièrement de lier son compte Twitter avec son profil Facebook, qui lui même va reprendre les vidéos Youtube, que Friendfeed va également agréger.
Pour être sûr de s’interconnecter à tous ses services, Ping.fm offre une solution unique pour envoyer sa mise à jour en même temps sur plus de 100 applications en ligne. J’utilise moi moi-même ce service, avec les désagréments que cela peut apporter : démultiplication de son contenu et pollution de ses amis.
Et mon blogue dans tout ça ?
En discutant avec l’ami Benoit Descary, nous avons fait le même constat : une baisse notable des commentaires sur nos blogues respectifs. Pourtant, nous sommes toujours aussi prolifiques et la qualité de nos publications ne semble pas s’être effondrée. C’est même le contraire pour Benoit. Pourquoi ce désamour ?
Nous en sommes arrivée à la même conclusion, c’est la faute aux médias sociaux. Faut-il les abandonner pour autant ? Oh que non. Twitter et Facebook représentent une source de trafic de plus en plus importante.
Benoit m’a indiqué une solution en intégrant le plugin Wordpress de Backtype, qui récupère les échanges Twitter à propos d’un article pour les insérer automatiquement en commentaires. Je teste justement Backtype depuis quelques mois, qui avait été présenté par Michael Montano lors du dernier StartupCamp Montréal. C’est encore un agrégateur de plus, mais il est simple et pratique.
Pourquoi être le roi du monde ?
Tous les Friendfeed, Twitter, Facebook et Backtype de la planète ne cherchent qu’une seule chose, c’est centraliser le maximum d’information chez eux pour devenir indispensable. Finalement, c’est une stratégie qui a fonctionné pour Google, dont personne ne contestera la position dominante.
À l’époque du Web 2.0, du partage communautaire et tous les beaux discours ambiants, on se rend compte que le pouvoir réside toujours dans l’information. Quitte à choisir, ces informations doivent être chez moi, car je veux maîtriser mon identité numérique. C’est pour cette raison que je cherche à récupérer mes flux d’information sur mon blogue et ma section live.
Pour simplifier les échanges d’informations en ligne, il faudrait une sorte d’open ID de nos traces laissées sur les blogues et les différents réseaux sociaux. Backtype est une première étape, mais il n’est pas exhaustif et ce n’est pas encore une référence.
En attendant qu’un standard open source soit reconnu par tous les services Web, il va falloir gérer au mieux ces multiples connexions et dissémination d’information.
Titulaire d'une M.Sc. en Marketing, Laurent Maisonnave sévit depuis une dizaine d'années dans l'univers du marketing Web et des nouvelles technologies, et il est l’un des influenceurs Web les plus renommés au Québec1 et au Canada2.
Avec une expérience professionnelle riche développée en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord, il bénéficie d'une vision globale de l'évolution de la communication Web à l'international. Président de l'organisme Île sans fil et co-organisateur de PodCamp Montréal, il participe activement à plusieurs groupes technologiques professionnels montréalais.
Laurent Maisonnave est Président de Ze Agence, une compagnie d’avant-garde dans le domaine du Social Media Marketing et de la Vidéo Internet. À la fine pointe des technologies, Ze Agence est l’affût des dernières tendances pour offrir la meilleure expertise en communication et en marketing Web.
Laurent est également Président d'Île sans fil, un organisme à but non lucratif québécois qui a développé une technologie novatrice qui lui permet de se positionner comme chef de file incontesté dans le domaine des services d'accès à Internet sans fil gratuit.
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