Publié par Zelaurent le lundi 15 juin 2009 à 10:53 dans Internet TV
Le mois dernier, Twitter publiait un communiqué pour expliquer qu’ils ne préparaient pas une émission de télévision. La rumeur fut lancée par Verizon qui lance un nouveau service de Web-video-TV. Le service FiOS TV de Verizon permet de regarder sur son écran de télévision des vidéos en provenance de Dailymotion, Veoh et Blip.TV. Comme un Media Center, FiOS TV peut également lire les vidéos enregistrés sur son ordinateur. Enfin, Verizon teste l’ajout de Widgets Facebook et Twitter qui offriraient une interaction avec ses réseaux sociaux à même sa TV.
Avec FiOS TV, l’objectif de Verizon est de créer le chênon manquant entre Web et télévision. Dans la réalité, il ne s’agit que de fonctions « intelligentes» ajoutées à sa boîte de réception de télévision par câble, et qui n’offrent rien de plus qu’une Apple TV ou une Xbox 360.
Je vois dans FiOS TV une tentative désespérée d’un câblo opérateur pour ramener la Web vidéo dans ses services payants. Il vous coûtera en effet 47,99 $ (US) pour profiter des joies de la vidéo Internet sur votre petit écran. J’ai un peu l’impression que quelqu’un cherche à m’avoir en me vendant une seconde fois la voiture que j’ai achetée la veille.
Internet va définitivement arriver sur notre téléviseur. C’est déjà le cas pour une minorité d’amateurs de technologies qui n’ont pas peur de brancher Apple TV, Xbox, Boxee ou d’autres set top box. Tout ce qui ira dans le sens d’une simplification de la connexion est une bonne chose.
En tant que consommateur, je n’admettrais pas que l’on me charge un abonnement supplémentaire. En tant que professionnel du Web et de la vidéo, je conseillerais aux fournisseurs d’accès Internet de se réjouir que les clients restent encore chez eux.
Un petit regard outre-Atlantique nous montre qu’il est possible d’offrir plus pour le même prix, tout en gagnant plus d’argent. La compagnie Free le fait depuis 10 ans avec son abonnement à 29,99 € et sa Freebox survitaminée aux services multimédias. Pourquoi ne serait-ce pas possible en Amérique du Nord ?
Publié par Zelaurent le lundi 08 juin 2009 à 17:24 dans Mobile
Après avoir passé 2h00 intense à suivre et Tweeter la présentation d’Apple à la conférence WWDC, je me devais de faire le point sur la partie qui me touche le plus : Quel impact l’iPhone 3GS aura sur la vidéo Internet ?
iPhone : Logiciel et matériel au service de la vidéo haute vitesse
Contrairement à ce qu’on aurait pu attendre, le design de l’iPhone 3GS n’est pas foncièrement différent de son prédécesseur. La révolution est à voir plus à l’intérieur.
Tout d’abord au niveau matériel, avec un processeur 1,5 plus puissant et une caméra de 3 Mpx. Ensuite, la partie logiciel de la puce 3G est boostée à 7,2 MB Mbit/s grâce à la technologie HSDPA. L’OS 3.0 permet officiellement (sans jailbreak) d’enregistrer des vidéos avec l’iPhone.
Enfin, l’iPhone peut recevoir de la vidéo en direct en optimisant le débit selon la qualité de la connexion, 3G ou WiFi. Lors de la présentation du SDK de l’OS 3.0 iPhone en mars 2009, ESPN avait justement fait une démonstration de réception d’émission de TV en direct sur l’iPhone.
iPhone : Leader incontesté de l’Internet mobile
En novembre 2007, je faisais déjà le point sur l’impact de l’iPhone sur la communication vidéo sur téléphone mobile. Je peux me vanter d’avoir fait d’assez bonnes prédictions. Le iPhone a iPhone a 66% de part de marché de l’Internet mobile, très loin devant ses concurrents. Aucuns blogues vidéo ou WebTV ne penseraient aujourd’hui se lancer sans offrir une version compatible iPhone, ou un podcast vidéo sur iTunes. Finalement, en 2 ans, l’iPhone s’est imposé comme le téléphone cellulaire de référence toutes catégories confondues.
What next for Ze iPhone?
Après être le premier lecteur musical mobile et le premier lecteur de podcast vidéo, l’objectif de l’iPhone est de devenir la première télévision mobile de la planète.
Dès la version 2.2.1 de l’OS iPhone, les premières applications de télévision mobile ont fleuri sur iTunes. France 24, la chaîne d’information internationale de la France, est l’une des premières à s’être lancée dans l’aventure du live streaming de ses émissions, autant en anglais qu’en français.
Le média TV n’est donc pas mort. Par contre, il subit une mutation, qui passe principalement par un nouveau mode de diffusion basé sur la technologie IP. Celle-ci à l’avantage de s’affranchir du support pour emmener la vidéo autant sur un mobile, qu’un écran d’ordinateur ou de télévision.
L’iPhone va devenir l’écran de télévision favori des spectateurs mobiles. Le téléphone intelligent d’Apple va servir autant de télécommande que de réceptacle à cette télévision du futur, qui ne semble plus si loin. Rendez-vous dans un an pour savoir si mes prédictions sont encore tombées juste, ou si j’ai simplement rêvé.
Pour tout savoir sur le iPhone 3GS et ses nouvelles fonctionnalités.
Publié par Zelaurent le jeudi 30 avril 2009 à 07:45 dans Internet TV
Une nouvelle étude du cabinet Accenture vient confirmer l’éclatement de l’audience vidéo, autant sur les chaînes de télévision que sur les supports de diffusion. La bonne nouvelle est que globalement les consommateurs regardent davantage de vidéos et sont prêts à payer pour ça. Seulement, les modèles d’affaires de la vidéo doivent évoluer.
Accentute a interrogé plus de 13 000 consommateurs sur 13 pays à travers le monde. L’étude porte sur la diffusion de programmes vidéo et comment les personnes s’adaptent aux nouvelles manières de diffuser le contenu et aux nouvelles plateformes.
Plus de vidéos sur plus de plateformes
La fragmentation du marché s’accentue avec les années. 40% regardent plus de 6 chaînes de télévision, alors qu’ils n’étaient que 35% en 2008. Dans le même temps, le nombre de personnes indiquant vouloir regarder leur programme TV sur un PC ou un mobile a crû de 13 points pour arriver à 74% en 2009 pour l’ordinateur et 45% pour le mobile. Autant dire que c’est devenu très grand public.
De nouvelles habitudes de consommation
L’étude démontre une différence de consommation de la vidéo dans les pays en voie de développement (Brésil, Mexique et Malaisie). Tout âge confondu, ceux-ci sont 3 fois plus friands de contenu sur PC ou sur mobile par rapport aux pays de l’ouest (États-Unis, Allemagne et Angleterre).
Une tranche d’âge fait exception à l’ouest. Les moins de 25 ans sont tous aussi adepte des technologies. L’explication viendrait des habitudes prises par ses différents publics. Comme le choix de contenu vidéo est plus large dans les pays de l’ouest, les consommateurs ont déjà pris leur habitude sur les différentes chaînes de télévision. Alors que le manque de choix dans les pays en voie de développement les pousse directement à adopter les nouvelles technologies. Quant à la jeune génération, elle épouse directement les technologies qui ont grandi avec elle.
Au final, le public est de plus en plus exigeant et attend que le contenu soit offert partout où il est. Que ce soit sur ordinateur ou son téléphone mobile, qui est quasiment une seconde peau. Par ailleurs, 73% des consommateurs sont fidèles à leur programme et se disent prêts à changer de chaîne ou de support pour retrouver leur émission favorites.
Adapter le modèle d’affaires
Le grand perdant de cette révolution numérique est le contenu vidéo sur support physique. La vente de DVD devrait reculer de 6% en 2009. Je ne parle même pas du Blu-Ray qui fait une carrière inexistante. Le contenu à la demande ou en téléchargement serait également en perte de vitesse, autant sur PC que sur mobile.
Le salut viendrait de l’abonnement, pour lequel les consommateurs sont prêts à dépenser de l’argent (49%). Ils sont 25% à attendre un forfait mensuel illimité. Ces chiffres confirment la tendance de l’étude de TDG sur les modèles d’affaires payants pour la vidéo Internet.
Enfin, 40% des consommateurs acceptent de regarder la publicité pour pouvoir suivre leur programme préféré. Le chiffre monte à 55% pour la population la plus jeune. C’est d’ailleurs le modèle retenu par Hulu, qui diffuse sur le Web séries TV et films hollywoodiens en échange de pauses publicitaires, comme on peut retrouver sur le petit écran traditionnel.
Des opportunités pour le marketing de niche
En conclusion, les médias traditionnels peuvent prendre peur à la vue de ces chiffres. Leur modèle de diffusion de masse est clairement remis en question. Leur modèle de revenu également. Il va devenir de plus en plus difficile pour eux de vendre une couverture publicitaire très large, car leur audience se disperse inexorablement.
Je vois là une superbe opportunité pour le marketing de niche. Tout le monde ne vend pas des yaourts et ne souhaite pas atteindre 99% de la population. La majorité des entreprises ont besoin de communication ciblée. Les programmes vidéo diffusés sur Internet et sur mobile permettent un ciblage ultra précis, tant au niveau géographique que du sociotype. Si j’étais un annonceur, je me réjouirais de savoir que l’argent que je vais investir en publicité touchera uniquement ceux à qui mon message est destiné. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme… surtout avec les modèles d’affaires.
Publié par Zelaurent le jeudi 12 février 2009 à 15:13 dans WebTV
Je n’ai l’habitude de pluguer des WebTV québécoise, même s’il y en a beaucoup de qualité, mais c’est surtout que mon ami Dominic Arpin fait tellement mieux ça que moi. Je vais quand même faire une exception avec MaBlonde.TV que je viens de découvrir (en regardant mes stats Google Analytics. Leur blogroll m’apporte quelques visiteurs). Tout ça pour dire que j’aime bien cette blonde, qui me fait penser à la blonde de Un gars une fille (version made in France). WebtvHebdo m’apprend que le producteur, Emmanuel Marian Tremblay, a tourné cette série avec une caméra RED HD, un petit bijou de technologie qui n’a rien à envier au matériel de la télévision.
Publié par Zelaurent le lundi 09 février 2009 à 17:37 dans WebTV
J’aurais pu également titrer « Le Club social de TV5 découvre la WebTV, cet animal étrange qui ne rapporte pas une cent« . Entre les boissons énergisantes Redbul et le DJ Ghislain Poirier, la Webtélé fait une drôle d’apparition au Club Social.
Les professionnels de la télévision qui animent le Club Social sur TV5 ont traité avec sérieux leur sujet. Pour parler de WebTV, ils ont rencontré Annie Bélanger et Anne-Marie Bergeron de Urler.TV, le projet collectif que j’adore. L’auteur-compositeur/interprète/producteur/humoriste Ghislain Taschereau présente sa TVPT.TV. Enfin, Martin Lessard traite avec justesse la problématique de la survivance de la WebTV québécoise.
To be or to do be broadcasted
L’ami Martin, qui intervient notamment à l’INIS, note les trois pouvoirs de la vidéo
- Produire
- Diffuser
- Rejoindre
Si les deux premiers sont aujourd’hui offerts à tout le monde, caméra numérique dans la main droite et Youtube dans la main gauche, le pouvoir de rejoindre reste plus difficile à acquérir. Pour Martin, « Le pouvoir de rejoindre a été créé dans la TV traditionnelle par un effet de rendez-vous« . Heureusement, ceux qui contrôlent ou accèdent aux réseaux sociaux pourraient recréer artificiellement ce pouvoir.
Être ou ne pas être crédible
Je sors d’une fort instructive rencontre avec une jeune productrice qui se lance dans la jungle télévisuelle. Sans même parler de TV Internet, l’idée de diffuser son contenu sur la toile paraissait être limite incongrue. Pour la majorité des professionnels de l’image, une vidéo de qualité ne peut être diffusée qu’à la télévision ou au cinéma.
Cette notion d’amateurisme est soulignée avec humour dans le reportage du Club Social. Les interludes de Dave sont là pour rappeler que la WebTV, ce n’est pas du sérieux. Il faut lire le commentaire de Martin sur son propre article pour comprendre le fossé qui existe encore entre le monde de l’Internet et celui de la télévision.
Pour conclure, je reprendrais les mots de Sieur Martin, pour lequel il est possible de diffuser n’importe quoi sur le Web, mais « Ce n’est pas en faisant n’importe quoi que l’on va s’attirer n’importe quelle audience« .
Dans ces conditions, pourquoi les compagnies n’utilisent-elles pas davantage la vidéo en ligne ? Je vois trois raisons à la faiblesse de l’utilisation de la vidéo dans les stratégies de communication et marketing sur le Web :
1. Les grandes agences ne le recommandent pas, car ça ne coûte pas assez cher. Étant donné qu’elles prennent une côte (%) sur toutes les productions, elles ont plus de bénéfices à vendre une publicité à la TV, qu’une campagne de promotion vidéo sur le Web. CQFD !
2. Les plus petites agences ne le recommandent pas, car ça coute trop cher. Elles doivent se battre pour imposer leurs prestations, et ont peur que la vidéo sur le Web grève leur budget.
3. Finalement, c’est avant tout une méconnaissance du sujet et du potentiel de marché qui fait encore aujourd’hui hésiter les agences à avoir recours à de telles stratégies.
Si je travaille à résoudre quotidiennement le point numéro 3, j’avoue que pour les deux premiers points, les agences devront se prendre en main, de gré ou de force, car leur clients n’attendrons pas 107 ans.
Par contre, pour les plus novateurs, je serais heureux de les conseillerpourtirer le meilleur parti de la vidéo en ligne dans une stratégie de marketing Web efficace (pub!).
Publié par Zelaurent le lundi 02 février 2009 à 12:54 dans Pub
Depuis quelques jours, l’agence Tam-Tam TBWA diffuse une campagne publicitaire télévisée pour vendre ses services. Au début, je me suis dit « Wow, une grande agence de communication qui utilise une campagne de pub à la TV pour récupérer des clients sur son site Internet. Quelle intelligence !» . Quelle ne fut pas ma déception en arrivant sur le site ChoisissezVotreQuand.ca.
ChoisissezVotreQuand.ca nous acceuil avec une simple animation Flash qui présente 3 pauvres vidéos de publicités réalisées par l’agence. So What ! Ce sont de belles images, mais pourquoi une compagnie devrait vous confier un mandat de communication ? Particulièrement en tant de récession, quel sera son retour sur investissement (ROI) ?
Adieu les paillettes, bonjour la réalité
Flash et PDF font la « richesse» du site de Tam-Tam TBWA, qui est à l’image de sa communication, 100% créatif et 0% marketing. C’est certain que «Oser, rêver et inspirer» sont des termes qui font voyager loin dans les nuages. Je ne vais pas jouer ma Michelle Blanc, mais franchement, n’y a-t-il personne chez eux pour se rendre compte que le temps des paillettes est terminé. En période de crise, il faut revenir aux dures réalités du marché. En clair, je mets 1$, ça me rapporte quoi ?
Je me tire peut-être une balle dans le pied en clouant au pilori cette agence, mais je ne peux définitivement pas soutenir ce type de communication, qui fait plus de mal à la profession qu’autre chose.
C’est promis, si j’ai un client qui veut une campagne super flyée, je vous appelle. Par contre, si mon client recherche quelque chose de plus concret ($$$), je vais peut-être penser à quelqu’un d’autre. No hard feelings
Pour conclure sur une note positive (happy end), je dois reconnaître que j’adore le style créatif de ces vidéos. C’est simple et percutant. Dommage que Tam-Tam TBWA n’est pas fait aussi bien sur le Web.
Publié par Zelaurent le vendredi 23 janvier 2009 à 11:59 dans Live
C’est facile de faire des titres accrocheurs et apocalyptiques. Erick Schonfeld c’est d’ailleurs amusé à écrire « The Day Live Web Video Streaming Failed Us» dans les colonnes du Washington Post et de Techcrunch. Diffusé en direct sur Hulu, Ustream, CNN.com et bien d’autres sites Web, le discours d’investiture de Barack Obama à souffert de quelques coupures à cause du nombre exceptionnellement d’internautes connectés. Pour Erick Schonfeld, c’est la preuve qu’Internet ne peut pas concurrencer la TV.
Pour moi, il se met le doigt dans l’oeil et devrait renverser la problématique. Cet immense succès est la preuve d’une attente considérable des consommateurs pour ce type de diffusion live en ligne. L’interactivité permise par Internet (cf. CNN/Facebook) répond également à un besoin d’interaction et de participation qui n’est pas permis par le vieux poste de télévision. La limite technique n’existe pas vraiment, et si le marché est là, le financement arrivera forcément.
Je m’étonne que Techcrunch envoie de telles critiques sur le live streaming. Peut-être par jalousie, car ils n’avaient rien prévu pour le coup.
Publié par Zelaurent le mardi 20 novembre 2007 à 00:12 dans Politique
Le petit gars d’Hawaï a lâché les planches pour surfer sur le Web. Candidat démocrate à l’investiture pour les présidentielles Américaines de 2008, Barack Hussein Obama apporte beaucoup de fraîcheur avec son style et ses idées. Son site Internet se devait de refléter cet état d’esprit. BarackTV est au coeur de la stratégie Web du candidat, qui fait une grande place au développement de communautés en ligne.
Choix technique
BarackTV a retenu les services de Brightcove. Concurrent de Youtube et autres Dailynotion, la société originaire de Cambrigde propose des solutions de publication et de monétisation de vidéos en ligne.
À l’image de Blip.TV ou Stage6, Brightcove met l’accent sur la qualité de l’image et sur la création de chaînes TV Internet personnalisables. Dans le cas présent, l’intégration de la solution de Brightcove se fait de façon transparente.
Ce qui frappe le plus en arrivant sur BarackTV, c’est la taille de la vidéo. Obama nous offre du grand écran de qualité (format 4/3) avec un démarrage rapide des vidéos. Rapide, mais pas automatique, à l’inverse de PR TV et Webcameron qui nous impose la lecture de leur vidéo dès le chargement de la page.
Pour la version Espagnole de sa TV Internet, Obama utilise la solution « Project ReadOn» de sous-titrage, ou plutôt de transcription des vidéos. Une fenêtre s’ouvre au-dessus du lecteur vidéo pour faire apparaître une traduction espagnole des interventions d’Obama. BarackTV est un des premiers à avoir créé un partenariat avec Project ReadOn.
Le Style
BarackTV joue clairement à l’américaine : un héros, une belle histoire, une musique de cinéma, des enfants, des regards touchants… nous avons tout pour faire une affiche de rêve. Les vidéos des conférences, entrevues de Barack Obama et de ses supportes sont réglés comme du papier à musique. Le style est presque trop parfait et manque un peu de spontanéité.
Dans son discours, Barack Obama indique qu’il n’y a pas d’Amérique noir, pas d’Amérique blanc, pas d’Amérique latino… mais qu’il n’y a que les États-Unis d’Amérique. Pourtant, la Web TV d’Obama est à l’image du conventionnalisme américain. Il y a une place pour les femmes, une pour les étudiants, les enfants et surtout une partie entièrement en Espagnole.
Médias sociaux
En faisant le choix d’une plateforme connu et utilisé du grand public (Brightcove), contrairement à une solution professionnelle (Yacast et CastUP), BarackTV se positionne comme un média proche des internautes (du peuple), avec les mêmes codes de communication.
Avec Brightcove, BarackTV bénéficie également d’une expertise du partage de vidéos. Tous les outils de promotion en ligne sont présents : envoyer par courriel, code pour insertion dans un site/blogue, flux RSS… et la possibilité de bloguer directement la vidéo que l’on a sous ses yeux.
Au pied de la page d’accueil de barackobama.com nous apercevons la liste des liens vers les sites communautaires (Facebook, MySpace, Youtube, Flickr, etc.). C’est dommage que ces liens ne soient pas présents sur l’ensemble du site. Dans BarackTV, il est par exemple impossible de retrouver la chaine Youtube d’Obama. Il faut passer par le menu du lecteur vidéo pour avoir le flux RSS du podcast de Brightcove. C’est un peu fastidieux comme manipulation.
Comme Nicolas Sarkozy a son Loic Le Meur, nous pourrions parier que Barack Obama a son Tim O’Reilly, le père du Web 2.0. Avec le site du candidat républicain, nous entrons directement dans la campagne électorale 2.0.
Pour Fred Wilson et Donna Bogatin, Barack Obama serait même allé trop loin dans l’utilisation des médias riches et des communautés en ligne. Trop de Web2 tue le Web2 ? C’est vrai que tous les internautes ne sont pas au fait des derniers outils technos du Web. Mais, laissons-leur au moins la chance d’essayer de se les approprier.
Publié par Zelaurent le dimanche 18 novembre 2007 à 16:04 dans Politique
Avec à peine 39 bougies, David Cameron donne un coup de jeune à la politique anglaise. Sa fougue en fait le sosie conservateur de l’ex-Premier Ministre Tony Blair. Le parallèle entre les deux hommes pourrait aller plus loin. Tous deux ont compris l’importance des nouveaux médias.
Lancé initialement à la fin 2006, c’est avec sa nouvelle version de mai 2007 que Webcameron donne un sacré coup de vieux aux sites de ses comparses d’Angleterre, particulièrement au vieillissant 10 Downing Street. Dans le même temps, le chef des Tories se positionne stratégiquement sur la toile en vue d’élections qui ne sauraient tarder.
Choix technique
Avec la plateforme de distribution israélienne CastUP, Webcameron est le seul du trio à ne pas jouer la fibre nationale. Son agence de communication, également originaire d’Israël, est certainement à l’origine de ce choix. CatsUP est une solution professionnelle qui bénéficie d’un beau portefeuille de clients (HP, IBM, Orange, ICQ, Levis, etc.).
En opposition à son collègue d’outre-Manche, David Cameron laisse la place au format large (16/9) et permet un visionnement en plein écran. Plus conforme aux habitudes des internautes, ce format permet de sortir du cadre télévisuel classique.
Pour la qualité vidéo et audio, Webcameron a également mis le paquet avec un calibre de diffusion haut débit (525 kbps). Malgré cette montée en puissance, les vidéos se chargent très rapidement.
Les premières vidéos de David Cameron étaient très personnelles, ou plutôt elles étaient tournées dans un cadre personnel. La maman et son bébé à la maison faisait très télé-réalité. En visionnant ces images, les internautes avaient l’impression de participer à la vie de Cameron. Le tout était bien évidemment scénarisé, mais le ton était très amical.
Au fur et à mesure, le style vestimentaire devint plus traditionnel (costume & cravate) et les interventions sortirent du cadre familial pour se retrouver sur le terrain, à la rencontre des citoyens. En réponse à certaines critiques, David Cameron s’est finalement éloigné du style de la télé-réalité, tout en gardant une image assez conviviale, mais plus proche de ce que le public attend d’un responsable politique.
Médias sociaux
Le lecteur vidéo de Webcameron est particulièrement bien réussi. Nous retrouvons une interface simple et efficace avec l’option ultime pour le partage de vidéo (get code).
Menus latéraux, liste des articles et vidéos les plus récents, fil RSS, moteur de recherche… donnent à l’interface générale du blogue un aspect qui reprend tous les codes de la communauté. L’amateur de carnet Web se sent chez lui en arrivant sur Webcameron.
Voila quelqu’un qui a compris comment fonctionne le Web ! Sur TOUTES les pages apparaissent les liens vers les chaînes vidéo de Youtube, Blip.TV et Friction.TV, ainsi qu’un lien vers la page Netvibes du parti conservateur.
Stratégiquement, Friction.TV est un bon choix pour deux raisons : c’est un site anglais; il est spécialisé dans l’actualité et les opinions = auditoire ciblé pour Webcameron.
Bon point pour l’identité visuelle avec le logo du site « Webcameron» présent sur l’ensemble des vidéos. Celles-ci pourront être diffusées sur la toile, son origine ne fera pas de doute et les internautes pourront se rendre directement sur le site pour suivre les prochaines aventures d’Indiana Cameron.
Petit bémol dans ce beau paysage, Webcameron restreint l’utilisation des commentaires. Les visiteurs sont invités à s’enregistrer pour accéder au forum et pour commenter les articles. À noter que David n’est pas très prompt à répondre aux commentaires.
Conclusion
Les moeurs et la culture anglaise ont peut-être de l’avance par rapport aux voisins d’Europe. Il faut dire que les tabloïds anglais ont l’habitude de relater en détail la vie de leurs élites. Pour ces derniers, il est finalement préférable de prendre les devants et de choisir les images qui vont circuler.
Avec des entrevues au logis familial, Tony Blair avait ouvert la voie à David Cameron. À 39 ans, il n’est pas de la génération SMS et Messenger, mais il a quand même grandi avec l’informatique et le Web. Cette facilité générationnelle lui permet d’offrir un « show» d’excellente qualité servi par une Web TV très bien fini.
Le succès d’un blogue, qu’il soit vidéo ou non, réside notamment dans sa régularité. Le temps nous dira si David Cameron tiendra la distance.