Google nous surprendra toujours. Aujourd’hui, c’est dans le domaine de la compression vidéo que le géant de Mountain View investit avec le rachat de On2 Flix Technologies pour 106,5 millions de dollars. Le montant n’est pas aussi important quand on sait que la majorité des vidéos diffusées sur le Web sont faites en Flash et compressées par la technologie VP6 de On2.
J’ai assisté en mai dernier à la conférence Streaming Media avec mon ami Manuel Angelini. À cette occasion, j’ai appris que les relations entre On2 et Adobe étaient au plus mal, car ce dernier ne souhaite plus continuer le partenariat technologique autour de l’encodage de Flash. Il y avait des nouvelles autour d’un rapprochement avec Microsoft, principalement avec le support de l’encodage de On2 pour Silverlight. Finalement, c’est Google qui coupe l’herbe sous les pieds de Microsoft. Celui-ci devrait se consoler avec l’achat à terme de Yahoo!.
Google a l’habitude de mettre gratuitement à disposition les services qu’il rachète. Le fera-t-il pour les produits d’encodage de On2 ? Ce que je verrais de plus intéressant, est l’ouverture et la mise à disposition du code source de On2 VP6/VP8. Après tout, c’est une tendance du Web, avec notamment le support du format vidéo open source Ogg dans HTML5, que l’on retrouve au fur et à mesure dans les navigateurs Firefox, Chrome et Safari.
MAJ: The Register pense également que Google pourrait ouvrir le code source du codec vidéo de On2. Ogg Theora pourrait en profiter, car il passerait actuellement de VP3 à la dernière version VP8 développée par On2. À ce moment-là, Ogg serait assez performant par rapport au codec H.264 promu par Apple, et Youtube pourrait ainsi intégrer Ogg pour ses vidéos.
Une nouvelle étude de marché de Pew Internet vient démontrer le succès croissant de la vidéo en ligne. Que ce soit sur Youtube, Facebook ou autre, la manière de regarder et de partager a changé radicalement la façon dont nous devons publier notre contenu. La qualité est croissante et les médias sociaux sont au coeur des stratégies de diffusion.
Le pourcentage de personnes ayant consulté une vidéo sur Internet a doublé sur 3 ans, pour atteindre près de 60% des Américains. Même si les jeunes de moins de 30 ans sont les plus friands de vidéos, aujourd’hui toutes les classes d’âge son touchées.
Les médiaux sociaux font l’affaire de la vidéo
Plus de la moitié de ceux qui regardent une vidéo la partage avec leurs proches. Ça peut-être par l’envoi d’un lien par email, sur les réseaux sociaux comme Facebook ou encore avec Twitter. Comme si en regardant une émission à la TV, ils appelaient un ami pour leur dire de regarder en même temps.
L’Internet haute vitesse boost la vidéo en ligne
L’un des facteurs les plus marquants de cette étude est la corrélation entre qualité de la connexion Internet, haute ou basse vitesse, et le taux de consommation de la vidéo sur le Web. Évidemment, plus l’Internet est rapide, plus les gens regardent de la vidéo sur Youtube et Co.
Cette étude est à mettre en parallèle avec l’annonce de Stephen Harper d’hier au sujet d’un programme de 225 M $ sur 3 ans pour développer l’accès à l’Internet haute vitesse en région au Canada. Ce plan est largement inspiré du «Broadband USA» auquel Barack Obama a donné un budget de 7,2 milliards de dollars.
L’internet à haute vitesse devient la norme. L’infrastructure ne devient plus un obstacle au développement de contenu vidéo sur Internet. L’étude de Pew démontre que la vidéo en ligne est rentrée dans les habitudes de consommation, jusqu’à devenir un acte quotidien pour près de 20% des Américains.
Alors que les câblodistributeurs défendent bec et ongle leur poule aux d’or, le Web grignote inexorablement des parts de marché à la télévision conventionnelle. Si les consommateurs du petit écran sont prêts à débourser mensuellement plusieurs dizaines de dollars pour leur programmes favoris, auront-ils le même réflexe payant pour regarder de la vidéo par Internet ? Une récente étude de The Diffusion Group tend à dire que oui.
Avant tout, il faut préciser que je parle de contenu vidéo que l’on retrouve habituellement à la TV, séries, émissions ou films, en opposition au contenu généré par l’utilisateur (UGC) qui représente plus de 90% du Web.
Selon l’étude de TDG, les résultats sont plus que probants :
* 48% sont prêts à dépenser jusqu’à 10$ en plus de leur abonnement TV mensuel
* 12% payeraient jusqu’à 15$ par mois
* 7% dépenseraient 20$ et plus par mois.
TDG estime que 29% des abonnées à Internet par le câble sont prêts à dépenser 10$ en plus par mois pour avoir le plaisir de regarder la TV sur leur ordinateur. Pour Comcast, qui a 4,35 millions d’abonnés Internet et qui esttrès intéressait par le sujet, ça représente plus d’un demi-milliard de dollars de revenu supplémentaire par an.
Ces chiffres sont d’autant plus impressionnants, que l’étude portait uniquement sur l’écoute de vidéo par Internet sur un PC. Imaginez si l’on précisait que la TV sur Inernet peut-être regardé sur son téléviseur dans le confort du salon. Ce qui est déjà le cas avec les « set-top box » comme l’AppleTV, XBox et SlingBox, et devrait être généralisé avec l’arrivée de TV connectée à Internet.
Nous avons finalement la réponse à la fameuse question du modèle d’affaires de la vidéo en ligne que tant de personnes se posaient lors de la conférence Montréal Web Vidéo et lors de la rencontre de l’Alliance Internet. Jean-Martin Desmarais l’avait dit à la blague, ou pas, lors du panel de discussion «Je demanderais ma propre licence de distributeur sur le Net pour ChezJules.tv».
Mais, une licence a-t-elle vraiment du sens ? La toile n’a pas de frontière, et mis à part la mise en place d’un Internet à deux vitesses, je ne vois pas qui pourrait nous empêcher de créer notre propre réseau de distribution. Il n’est pas si loin le temps où chacun pourra créer son SuperClubVideotron.TV.
Je dois saluer l’initiative de la Région Auvergne, mon pays d’origine, qui lance le premier réseau social à vocation de promotion territoriale. Vous mettez Wordpress MU + Budypress + Twitter + Facebook + série Web vidéo = AuWWWergne.com
Pour soutenir le lancement/buzz du site AuWWWergne, l’équipe de communication a mis en place une opération de street marketing à base d’autocollants posés aux quatre coins de la capitale auvergnate et lors du dernier Twestival de Clermont-Ferrand. Les WWW annoncés l’arrivée d’un mystérieux site.
«L’Auwwwergne est un nouveau pays virtuel, humoristique et décalé, dont les citoyens digitaux sont les contributeurs actifs». J’aime la démarche, assez osée pour une institution régionale. Par contre, je me désespère, de voir l’image de bouseux coller à cette merveilleuse région, qui est davantage qu’une grande étendue verte pour faire brouter les vaches.
Comme toute campagne communautaire, c’est le temps qui nous dira si le succès est au rendez-vous. C’est un travail de longue haleine que de faire vivre un tel site. Pour aller jusqu’au bout de l’idée, j’aurais vu une série vidéo davantage tournée vers la population de la région, dans un esprit plus réaliste et communautaire. Pourquoi ne pas mettre en valeur la blogosphèrelocale, qui ne démérite pas par rapport aux autres régions.
Le fait que Bertrand Soulier, aka Cyberbougnat, fasse partie de l’équipe Web du Conseil Régional Auvergne, me rassure sur l’avenir de ce site. Bertrand possède assez d’expérience pour bien orienter les développements. J’avais justement discuté avec lui il y a quelque mois de Wordpress MU et du thème à la FacebookBudypress. Je vois qu’il a fait le bon choix.
En passant, j’adore le président de la région (salut René), qui autoproclame l’Auvergne comme «1ère région 100% haut débit». Il faut dire que selon la définition de l’opérateur (pré)historique France Telecom/Orange, le haut débit débute à 128 kbits en bout de ligne
Hier soir, j’ai eu le plaisir d’intervenir à l’UQAM sur le thème Vidéo Internet et Marlketing du Tourisme. Les étudiants du Bac en “Gestion du tourisme et de l’hôtellerie“ étaient un public formidable, et ils ont l’air d’avoir allumé sur le sujet. Après tout, ils sont la prochaine garde dans les entreprises touristiques et les hôtels.
De Twitter à TridAdvisor, nous avons vu que les médias sociaux jouent déjà un rôle prépondérant dans l’industrie hôtelière. Avec la vidéo en ligne, j’ai gardé le meilleur, avec quelques exemples de réalisation plus ou moins réussis.
Quand on me parle de tourisme, je pense aux vacances, aux pays lointains et ensoleillés. Quelle est la meilleure façon de visualiser un lieu touristique ? La vidéo s’impose évidemment comme l’outil le plus percutant pour faire partager l’expérience et l’émotion d’un lieu.
InterContenental : Le pionnier
InterContenental fut l’un des premiers à se lancer dans la vidéo en ligne. Produite par TurnHere, ces vidéos nous font voyager à travers les hôtels de la chaîne. Si le ton est bon et la qualité sont au rendez-vous, l’intégration des vidéos n’est pas optimale, avec un site tout en Flash fort beau, mais en rien optimisé pour le Web (y a-t-il un SEO dans la salle ?).
Marriott : Le sympathique
En mettant en ligne son blogue en janvier 2007, Bill Marriott s’est placé en pointe dans l’utilisation du Web dans le secteur hôtelier. Il y a quelques mois, Marriott a voulu renouveler le coup en lançant un concours vidéo pour faire élire le meilleur hôtel de la compagnie.
Le style des vidéos de Mariott est sympathique. J’avoue avoir un faible pour une compatriote qui présente sont hôtel à Monaco. Elle a un «je ne sais quoi» qui me rappel French Maid TV. Plus sérieusement, j’aurais aimer retrouver ces vidéos sur le site de Marriott. Hélas, le faible nombre de visionnement sur la chapine Youtube démontre que la synergie ne s’est pas faite.
Travel Alberta : Le timide
Travel Alberta a fait produire 23 vidéos diffusées sur Espace Canoë et Canoë.TV. Le concept de “Mes rocheuses côté soleil”, ou les aventures de Fred en Alberta, est assez original et bien réalisé. Fred s’appel réellement Frédérick, et il est journaliste mobile (MoJo) pour Canoë. C’est une sorte de vacances réalité dans les rocheuses canadiennes que Fred à filmé pendant une semaine.
Pour Tourisme Alberta, l’objectif de cette campagne était de cibler les québécois. C’est ce qui a poussé l’agence Palm Havas à utiliser les services de Canoë. Cependant, pour un budget de 150 000 $, les vidéos auraient pu être diffusé plus largement.
Youtube semble être au minimum le lieu où mettre ces vidéos, si l’on recherche une bonne visibilité, d’autant plus que Tourisme Alberta a déjà une chaîne anglo. TagTélé et TonClip sont des plateforme vidéo québécoises qui méritent également un peu plus d’attention. Je suis sûr que Dailymotion, qui investit de plus en plus le Canada, aurait été content de mettre de l’avant ce contenu. Au final, je suis prêt à parier que le nombre de visonnement aurait pu faceilement être doublé au Québec.
La prochaine fois, je conseillerais à Travel Alberta de discuter avec l’office de tourisme de Banff & Lake Louise. Leur utilisation de la vidéo est un exemple à suivre dans le dommaine : Youtube + blogue = succès !
The Drak Hotel : L’original
Pour finir sur une bonne note, voici The Drak Hotel à Toronto, qui utilise la vidéo pour communiquer et recruter. Les vidéos sont diffusés autant sur son site que sur sa chaîne Youtube. L’hôtel utilise également Twitter pour faire la promotion de ses vidéos. Je ne vois pas quoi ajouter, mis à part que j’adorerais passer une soirée dans cet hôtel.
La vidéo au coeur du marketing touristique
L’avenir de la vidéo dans le marketing du tourisme est peut-être dans un savant mélange de relations publiques et de communication Web. Quand Tourism Queensland lance “The Best Job In The World”, l’essentiel des investissements est fait en relations publiques pour faire connaître le concours. Le coup de génie a été de laisser les internautes faire le marketing de ce petit coin de paradis en Australie, à l’aide de vidéos diffusées sur Youtube.
Le Québec vaut bien l’Australie
Tourisme Montréal a initié un concours similaire à “The Best Job In The World” en offrant à5 personnes d’être des vidéoreporters au service du tourisme de la dynamique ville québécoise. Si l’emploi n’est pas aussi prestigieux et bien payé que celui de Queensland, il a le mérite de mettre la vidéo en ligne au coeur de la stratégie de communication de Tourisme Montréal. Les vidéos de présentation des blogueurs touristiques viennent d’être mis en ligne sur Youtube. Par ailleurs, Daniel Baylis, spécialiste de la scène gay, m’a récemment demandé d’être son «ami» Facebook. Ça doit être grâce à ma photo
Martine Lizotte m’a appris que Tourisme Québec s’est mis également au blogue et à la vidéo. La capitale québécoise a fait un concours à destination des Américains et des Français. Les gagnants devront raconter leur séjour au Québec à travers des articles et des vidéos. L’opération est tellement bien ciblée à l’extérieur du pays, que je n’en avais jamais entendu parler.
M.A.J 10/06/2009 : Ce n’est pas de la vidéo, mais l’initiative du Fairmont Royal York est quand même à souligner. Depuis un an, Radio Royal York est un blogue et un podcast qui publie régulièrement des nouvelles et histoires sur le mythique hôtel de Toronto.
Titulaire d'une M.Sc. en Marketing, Laurent Maisonnave sévit depuis une dizaine d'années dans l'univers du marketing Web et des nouvelles technologies, et il est l’un des influenceurs Web les plus renommés au Québec1 et au Canada2.
Avec une expérience professionnelle riche développée en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord, il bénéficie d'une vision globale de l'évolution de la communication Web à l'international. Président de l'organisme Île sans fil et co-organisateur de PodCamp Montréal, il participe activement à plusieurs groupes technologiques professionnels montréalais.
Laurent Maisonnave est Président de Ze Agence, une compagnie d’avant-garde dans le domaine du Social Media Marketing et de la Vidéo Internet. À la fine pointe des technologies, Ze Agence est l’affût des dernières tendances pour offrir la meilleure expertise en communication et en marketing Web.
Laurent est également Président d'Île sans fil, un organisme à but non lucratif québécois qui a développé une technologie novatrice qui lui permet de se positionner comme chef de file incontesté dans le domaine des services d'accès à Internet sans fil gratuit.
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